Georges Méric : un président transparent… mais pas trop !

Tout d’abord, tous mes voeux pour la nouvelle année !

Je vous propose de retrouver en kiosques mon enquête dans Marianne (n°1032, édition du 6 au 12 janvier), consacrée à Georges Méric. 

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En mars 2015, quelques jours avant de prendre la présidence du Conseil Départemental de la Haute Garonne, le cacique du PS avait annoncé à la Dépêche du Midi vendre ses parts dans trois maisons de retraite médicalisées pour éviter tout conflit d’intérêts. Pourquoi ? Le Conseil Départemental encadre et finance en partie l’activité des EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes
Âgées Dépendantes), au titre de la « dépendance », c’est à dire la prise en charge et l’accompagnement des personnes âgées en fonction de leur niveau d’autonomie. En Haute-Garonne, le Département verse l’Aide Personnalisée d’Autonomie (APA) aux résidents, qui reçoivent par ailleurs une facture de leur établissement au titre de cette prise en charge.
L’APA représente en moyenne 10% du budget des EHPAD, en particulier des EHPAD privés. A cela peut s’ajouter un autre financement du Conseil Départemental : l’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH), soit parfois jusqu’à 20% supplémentaires dans le budget des maisons de retraites médicalisées. Il faut ajouter, en matière de financement public, la partie soins, encadrée par l’Agence Régionale de Santé, et abondée par l’Assurance Maladie.

Or, à qui Georges Méric a-t-il vendu ses parts pour éviter tout conflit d’intérêts ? À ses filles !

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France 3 Midi-Pyrénées a fait sa une sur ces révélations dans l’édition du 6 janvier du 19/20.

Suite à la parution de l’article, ce médecin gériatre reconnaît très officiellement avoir fait cette cession de parts à ses filles pour deux de ces EHPAD. Je souligne ici que lors d’un entretien avec le cabinet de Georges Méric, prenant son relais alors qu’il n’a pas voulu me recevoir ni me parler au téléphone, lorsque j’ai demandé si la cession de ces participations à ses filles dans les trois maisons de retraites posait problème, on m’a répondu que les services juridiques avaient validé cette situation…

Autre partie importante de mon enquête : l’omission d’une dizaine d’entreprises dans sa déclaration d’intérêts. Pour mémoire, cette déclaration d’intérêts a été créée en 2013 suite à l’affaire Cahuzac. Elle vient compléter la déclaration de patrimoine, qui n’est pas publique en ce qui concerne les présidents de Département ou de Région.
On s’en souvient, François Hollande avait alors annoncé une loi et de nouveaux moyens en réponse au scandale provoqué par son ministre du Budget. Une loi promulguée en 2013 et adossée à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, créée afin d’identifier les conflits d’intérêts et de « promouvoir la probité et l’exemplarité des responsables publics ». Aujourd’hui, 14 000 d’entre eux doivent remplir un formulaire – qui une fois complété et validé par la HATVP, est téléchargeable sur son site – détaillant toutes formes d’intérêts à la date de leur élection ou nomination, voire dans les cinq années précédentes : participations au capital d’entreprises ou d’organismes publics, fonction de directions, présidence d’association… Et là, Georges Méric, contrairement à ce qu’il affirme dans un communiqué, n’a pas fait toute la transparence sur son patrimoine.

Je reviens également sur sa condamnation par la justice, en 1999 : il a été jugé par le Tribunal Correctionnel de Toulouse, avec un de ses associés dans une clinique, pour avoir détourné 5,7 millions de francs à la Sécurité Sociale.

J’ajoute enfin que le gériatre occupait des fonctions de direction ou d’administration dans les deux premières maisons de retraites, à Calmont (EHPAD Les Roses) et Nailloux (L’Acacia), dans son fief, de 1994 à 2008 pour la première et de 1994 à au moins 2003 pour la seconde. En 2008, il a démissionné de ses fonctions de DG de la maison de retraite L’Acacia. Or, Georges Méric, qui a été maire de Nailloux de 1983 à 2008, est devenu conseiller général en 1988, puis Vice-président du Conseil Général de la Haute Garonne de 1998 à 2008. Les conflits d’intérêts de l’élu ont-ils donc commencé bien avant son élection à la présidence du Conseil Départemental ?

Frédéric Dessort

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