En galère

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Le Secours Catholique a récemment publié son enquête sur la pauvreté en France, très inquiétante. La pauvreté : ce mot tabou de la presse, des médias, et de la classe politique. Mais qui n’est pas un tabou de la réalité que vivent plus de 8 millions de personnes en France.

Ah, on nous avait dit que la mondialisation libérale, que les marchés efficients allaient réduire la pauvreté, le meilleur système pour optimiser l’allocation des ressources – une expression typique aux économistes « néo-classiques » pour qualifier un marché efficient.

Oui, de ressources, les pauvres n’ont guère que de maigres allocations pour survivre.

Or, le niveau de pauvreté est défini par un revenu égal à 60% du revenu médian, qui s’établit aujourd’hui aux alentours de 1700 euros, induisant donc un seuil de pauvreté aux environs de 1 000 euros par mois.

Et au dessus ? Tout va bien ?

Je ne vais pas rentrer dans un calcul précis, mais une personne ou une famille qui se retrouve avec un revenu de moins de 1400 euros / mois et par personne, allez, admettons 1 300 euros, n’est pas spécialement à envier !

Cela signifie quoi, concrètement, d’être au SMIC ou un peu au dessus ?

Cela signifie : pouvoir payer ses factures, tout juste, manger – à peu près – à sa faim, mais ne jamais sortir au restau, ne pas voyager, ne pas pouvoir payer la réparation de sa voiture quand elle tombe en panne – quand on en a une -, constituer très difficilement des économies, et qui ne peut certainement pas acquérir de bien immobilier… je m’arrête là d’égrener cette réalité quotidienne de l’indigence.

Dès lors, je propose aux statisticiens du niveau de vie, au personnel politique, aux journalistes de créer une catégorie de la population qui dispose de 1 000 à 1400 euros par mois. Une catégorie que l’on nommerait : « EN GALERE ».

Et là, ce n’est plus seulement 14% de la population qui est pauvre. C’est au moins 30% de la population qui est soit dans la misère, soit pauvre, soit… en galère ! Il suffit pour consulter ce tableau de l’INSEE pour le constater (*). Bien sûr on pourra m’objecter que vivre avec 1300 euros par mois est plus supportable dans la campagne qu’en ville, mais mon propos n’est pas d’établir ici une délimitation précise de la pauvreté. Mais de constater qu’elle est bien plus étendue que ce que les médias et politiques présentent habituellement.

Frédéric Dessort

(*) le troisième décile représente 30% de la population qui dispose d’un revenu annuel d’au plus de 15 800 euros par personne, soit 1380 euros par mois

 

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