10 000 milliards : l’autre dette

10 000 milliards d’euros, c’est le montant de l’impôt perdu par les Etats européens ces dix dernières années. Un assèchement public conséquence de l’évasion fiscale, convoquée en règle depuis belle lurette. On peut facilement évaluer cette somme si l’on se base sur la déclaration d’Herman Von Rumpuy en 2013, alors qu’il était président du Conseil Européen, celui-ci estimant que chaque année, l’Europe perd 1000 milliards d’impôts. En admettant que ce vol du bien public soit resté du même tonneau sur les dix dernières années, on en arrive à des montants faramineux.

Bref. A l’heure où la Troïka s’excite pour serrer la corde autour du cou grec, que certains comme Wolfgang Schauble appellent à mettre la France sous tutelle, personne ne rappelle la responsabilité des dirigeants européens dans cette énorme évasion fiscale depuis des dizaines d’années. 

Et l’on a assisté à des scènes cocasses témoignant d’une curieuse inversion des culpabilités… Ainsi n’a t-on pas vu Jean-Claude Juncker faire la leçon à Alexis Tsipras alors que le premier a été longtemps le Premier ministre de l’un des principaux centres européens de l’évasion fiscale : le Luxembourg ! Que donc, l’actuel président de la Commission européenne a été l’un des pousse-au-crime fiscal qui a contribué à l’évasion fiscale en Grèce. Un pays qui est sans doute l’un des plus durement affectés par ce phénomène, perdant environ 40 milliards d’euros d’impôts chaque année – environ 15% de son PIB -, naturellement pas seulement le fait des armateurs, mais aussi des multinationales qui y sont implantées. Vous avez dit 40 milliards par an ? C’est à dire 400 sur 10 ans ? Or, la dette hellène se monte à 320 milliards… Bien sûr, les dirigeants grecs (mais pas Tsipras qui n’est au pouvoir que depuis 6 mois !), comme dans de nombreux pays européens et évidemment dans le monde, sont responsables de ce forfait national, mais les dirigeants européens, Juncker en tête, doivent partager cette culpabilité. 

A quand un grand redressement fiscal sur les grandes entreprises à l’échelle européenne ? Il semble que cette seule évocation soit reléguée au rang des utopies ultra-gauchistes. Et pourtant, il s’agit juste de condamner un crime de grande échelle. Un crime contre l’humanité ?

Frédéric Dessort 

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