Innovation : les oubliés du transfert de technologies

A l’heure des Investissements d’avenir, on a beaucoup parlé d’actions sur lesquelles misent les Régions et l’Etat pour développer l’innovation, les technologies, et in fine, l’emploi. Dans le désordre : laboratoires d’excellence (notamment ceux qui mènent des travaux de recherche appliquée), plateformes d’innovation technologique (je pense en Midi-Pyrénées, à « Guide » ou « Farenheit »), les clusters ou grappes d’entreprises innovantes (à l’instar de Water Sensors Membranes ou de Digital Place au titre de l’appel à projet éponyme de la Datar), ou encore, bien évidemment, des pôles de compétitivité.

Plus spécifiquement dans l’interface publique-privée, des structures ont été lancées pour valoriser la recherche ou favoriser les partenariats de recherche technologique : les SATT notamment, mais aussi les IRT (celui de Toulouse venant d’être officialisé).

Or dans ce domaine précis du transfert de technologie, de nombreux acteurs existent déjà depuis belle lurette ! En particulier : les CRITT (centres régionaux d’innovation et de transfert de technologie, les IRT venant s’installer en partie sur leurs plate-bandes, mais avec des différenciateurs importants), les CTI (Centres Techniques Industriels, créés en 1948 !) ou encore, les plateformes technologiques de Lycées. Il faut compter aussi avec des acteurs purement privés mais qui font pourtant de la recherche : les sociétés de recherche sous contrat (SRC). Leurs équipes sont souvent composées de docteurs-ingénieurs qui utilisent des connaissances scientifiques universitaires comme le font des laboratoires publics. Autant d’acteurs qui ont un positionnement qui se recouvre parfois, les mettant en concurrence.
En ajoutant les IRT, SATT et autres plateformes, on a donc complexifié un espace déjà touffu. Certes, en leur adjoignant des moyens conséquents. 

Je ne rentre pas dans le détail de leurs activités, je vous invite en ce sens à lire un dossier publié par Interface dans son numéro de début avril. En voici un aperçu publié par Educpros (qui co-produit Interface avec l’Etudiant et l’Entreprise).

En tous cas, contrairement à ce que la communication gouvernementale pourrait laisser penser, les IRT et les SATT, notamment, ne sont pas l’alpha et l’oméga du transfert de technologies, même si elles devraient en devenir des pièces maîtresses. Or, l’un des enjeux que pourrait porter l’Etat serait de simplifier le système existant, qui s’est agrégé au fil du temps sous la forme d’un mille-feuille bien français. La commission Tambourin-Beylat, qui a posé une série de recommandations pour booster l’innovation en France, a certes proposé de créer un opérateur global – via la BPI – qui gérerait et suivrait de près tous les financements et acteurs d’accompagnement du transfert. Mais elle n’a pas creusé ce besoin de simplification d’un dispositif qui effraie chercheurs et entrepreneurs qui voudraient travailler ensemble…

Frédéric Dessort

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