ESPE : une formation d’enseignants trop dogmatique ?

Le projet a été dévoilé pendant l’été 2012 : les Ecoles Supérieure du Professorat et de l’Education (ESPE), appelées à reprendre le flambeau des IUFM, ne manquent pas de faire parler. Au Mirail, l’une des grosses interrogations concerne bien sûr l’IUFM, qui est une composante de l’université de sciences humaines et sociales depuis plusieurs années. L’institut passera-t-il sous la coupe de l’université fédérale de Toulouse, laquelle est prévue pour 2014 ? Quel en sera le coût pour Toulouse II, déjà bien malmenée par la dernière évaluation comptable du système SYMPA ? A preuve : le fait pour une université, de comporter une IUFM et d’être spécialisée en SHS constitue une double peine lorsque le ministère détermine sa dotation. Toulouse II se retrouve ainsi estampillée par le logiciel de l’Etat d’un sur-encadrement de 366 postes (cf ce rapport de l’IGAENR) ! Ce qui ne conduira naturellement pas à autant de licenciements, mais cette situation réduit notablement ses marges de manœuvre pour l’obtention de moyens.

Pour en revenir aux ESPE, c’est le fond de ce projet gouvernemental qui fait largement débat. Ainsi, un certain nombre d’enseignants-chercheurs s’inquiètent d’une reprise de pouvoir par les IUFM – ceux-ci ayant perdu une partie de leurs prérogatives pendant les années Sarkozy. Mais plus encore, il craignent de voir diminuer l’approche disciplinaire dans la formation des professeurs, au profit d’une conception trop dogmatique de la pédagogie. Sur ce thème, on pourra notamment lire le point de vue de Pascal Thomas, mathématicien à l’université Paul Sabatier, dans une tribune publiée par la Société Mathématique de France sur son site.

Pour l’heure, les PRES sont à pied d’œuvre pour concevoir un pré-projet d’ESPE, et doivent rendre leur copie au ministère d’ici à la fin du mois. Une étape qui s’inscrit plus largement dans le cadre de la réforme de la formation initiale et continue des professeurs, prévue pour s’achever en septembre 2013 (cf calendrier ici). A Toulouse, cinq groupes de travail ont été constitués. Avec les projets d’Idex (nous en sommes au troisième avec l’UFT, UNITI puis aujourd’hui sa révision), les différentes réponses aux appels à projets des Investissements d’Avenir, jamais sans doute n’aura t-on vu autant d’investissement humain sur des projets inter-universitaires…

F.D.

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