Projet de (re)création de l’Université de Toulouse : vote du PRES demain

Gravée en 1896 sur l'aile droite de l'ancienne faculté des sciences de Toulouse, l'inscription "Université de Toulouse", au 39 des Allées Jules Guesde. Si elle est recréée (après sa disparition en 1969), la nouvelle université élira domicile au 41, dans un bâtiment très proche.

Idex 2 : le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) de Toulouse va voter demain jeudi 24 novembre, en conseil d’administration, le projet concocté en réponse aux Initiatives d’Excellences. En jeu : plus d’un milliard d’euros de capital, générant environ 34 millions d’euros par an pour financer des programmes de formation et de recherche triés sur le volet. Cette somme est à comparer au milliard d’euros de budget courant annuel cumulé de tous les établissements (universités, écoles, labos, …) du site toulousain (à ne pas confondre avec le capital demandé) (*).

Condition nécessaire (mais pas suffisante !) établie par l’Etat pour remporter la mise : les établissements du PRES (UT1, 2, 3, INPT, ISAE, INSA) doivent se regrouper en une université unique ou à tout le moins opter pour une forte mutualisation. Le projet tel qu’il a commencé à être présenté aux personnels du site envisage trois phases. La première, de 2012 à 2016, fera naître un « Grand établissement », autrement dit l’Université de Toulouse, qui va progressivement intégrer des actions partagées de plus en plus larges, et piloter les programmes dits d’excellence (formation et recherche). En 2016, les établissements actuels vont intégrer et devenir juridiquement des « collèges », c’est à dire des sous-ensembles un peu plus larges et définis par grandes thématiques. Leur budget sera directement reçu par l’Université de Toulouse. Parmi les évolutions notables : la création d’un collège regroupant les écoles d’ingénieurs. Puis à partir de 2018, le site pourra basculer vers une fusion complète des membres, en fonction de l’expérience acquise pendant ces deux années (2016-2018).

La démarche est assez contestée par plusieurs syndicats et personnels de par l’absence de concertation menée en amont. Les avancées du projet étant en effet présentées et discutées a posteriori au sein des établissements membres du PRES. A ce jour, seuls l’INPT et l’INSA de Toulouse ont validé en CA les principes de ce projet. Ainsi, si la réponse à l’Idex est votée demain par le PRES, le rejet par un CA d’une des universités n’empêcherait pas l’envoi du dossier à Paris le 8 décembre au plus tard. Cette dernière hypothèse poserait toutefois un problème sérieux.

Mais il faut bien le dire, comme le plaide notamment une source proche du dossier, le commissariat général à l’investissement a demandé aux PRES de France de mener tambour battant ce programme de réponse aux Idex. Au demeurant, si les grands principes en sont actés demain, sa mise en oeuvre précise, notamment la création des statuts de la nouvelle université devrait passer par les CA des établissements toulousains en 2012. On l’espère en tous cas !

Frédéric Dessort

(*) Je n’ai pu vérifier la réalité de cette somme qui a été énoncée récemment plusieurs fois par certains décideurs. Mais elle parait réaliste : par exemple, l’Université Paul Sabatier représente à elle seule un budget de 331 Meuros en 2011, et il faut compter 14 membres dans le PRES (dont les 6 fondateurs qui devraient se regrouper). De plus, ne pas confondre ce budget additionné d’un milliard avec les 1,2 milliards de capital demandés dans le cadre de l’Idex.

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Une réponse à “Projet de (re)création de l’Université de Toulouse : vote du PRES demain

  1. Bonjour.

    Merci pour cet article informatif. Je voudrais commenter un passage il est écrit que les établissements du PRES de Toulouse devraient «opter pour une forte mutualisation.» Le jeudi 10 novembre 2011 entre 10h30 et 12h, lors d’une réunion d’information sur le projet Idex qui se tenait dans le grand auditorium de l’université Paul Sabatier, j’ai entendu le président de cette université parlait de mutualisation du « numérique ». Cela me semble contradictoire avec la décision récente de faire disparaître le Centre Inter-universitaire de Calcul de Toulouse (CICT). Cet établissement avait été créé en 1972 à partir de l’Institut de Calcul Numérique suite à l’éclatement de l’université de Toulouse en cinq établissement. Il avait été jugé nécessaire de maintenir des services communs entre les universités de Toulouse.

    Attention il existe une différence importante entre l’adjectif numérique dans l’expression calcul numérique et le substantif « Le numérique ». Je connais assez bien le calcul numérique mais je n’ai pas bien compris ce que désignait le numérique.

    Je cite une autre expression de l’article : «l’absence de concertation» il me semble qu’elle est particulièrement appropriée pour décrire la façon dont s’effectuent certaines restructurations.

    J’ai l’impression que certains mots comme transversalité, porosité, interdisciplinarité, pluridisciplinarité etc. sont utilisés de manière incantatoire sans tenir compte de la situation dans les laboratoires, les enseignements, les services.

    Très cordialement.

    Joseph Saint Pierre

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