Initiatives d’Excellence : Toulouse doit revoir sa copie

(article initialement publié par Kwantik.fr)

Le projet “Toulouse Initiative d’Excellence”, un des piliers de la future Université de Toulouse, n’a pas été retenu par l’Etat. La ville Rose, assez bien dotée (*) dans la première phase des Investissements d’Avenir, va candidater à la seconde vague de sélection qui aboutira au début 2012.

Toulouse recalée… ainsi que beaucoup d’autres grandes villes universitaires françaises. Seuls les projets de Bordeaux, Strasbourg et Paris Sciences et Lettres (PSL) se sont vu attribuer par l’Etat le label “Initiative d’excellence”, le 4 juillet dernier, avec d’importants crédits à la clé.

Doté de 7,7 milliards d’euros, le programme “Initiatives d’Excellence” vise à faire émerger des pôles universitaires de rang mondial, présentant, condition sine qua non, une gouvernance simple et efficace. Il s’agit de recréer de véritables universités métropolitaines englobant l’ensemble des entités académiques locales (universités, écoles d’ingénieurs, etc.)

Autre nouveauté : l’adossement des nouveaux établissements à une fondation destinée à financer les projets dits d’”excellence”.

L’atout des trois élus ? Leurs dossiers proposaient une gouvernance resserrée, voire une fusion des universités existantes, comme à Strasbourg. Or, la proposition toulousaine était fondée sur un modèle fédéral, qui est“mal compris”, regrette Gilbert Casamatta, président du PRES de Toulouse. La Ville Rose représentera sa candidature cet automne, où une deuxième vague d’Idex sera attribuée. Gilbert Casamatta a toutefois prévenu : la nouvelle université toulousaine “se fera, avec ou sans les fonds de l’Idex”.

43 millions d’euros par an à la clé

Dans l’hypothèse où la deuxième candidature de Toulouse est retenue, une fondation, “Toulouse Idex”, sera constituée pour recevoir 1,275 Milliards d’euros. Ce capital sera placé pour générer environ 43 millions d’euros par an, qui permettront de financer de nombreux projets.

Au chapitre de la formation, il est notamment prévu de lancer une Ecole Normale Supérieure régionale, de favoriser l’émergence de filières d’excellence inter-disciplinaires, de créer des chaires internationales. Une dynamique qui s’articule avec le Plan Campus qui prévoit la création d’un vaste Quartier des Sciences à Toulouse..

Des laboratoires « rayés de la carte » ?

Sur le plan de la recherche, un tiers des fonds seront orientés vers un petit nombre de laboratoires d’”excellence”, c’est-à-dire ceux dont la recherche est considérée comme particulièrement performante suite à des évaluations effectuées aujourd’hui par des jurys internationaux, et plus tard par les nouvelles universités.

Cette notion d’excellence fait débat et inquiète nombre de chercheurs, estimant que ceux qui ne seront pas désignés dans cette élite feront beaucoup moins de recherche.

Lors d’une occasion d’une assemblée générale inter-universitaire, le 4 février dernier, Gilbert Casamatta avait estimé, assez abruptement, que « les sites qui ne seront pas élus seront durablement rayés de la carte de la recherche française ».

Frédéric Dessort, pour Kwantik.fr

(*) Lire : « La recherche technologique grande gagnante des investissements d’avenir »

L’Université de Toulouse : une longue histoire

Sceau de l'Université de Toulouse au 13 ème siècle (source : http://www.univers-cites.fr)

Créée en 1229, l’Université de Toulouse fut l’une des toutes premières dans le monde, après Oxford en 1116 et la Sorbonne en 1200. Elle a été fondée dans le cadre du traité de Meaux-Paris qui initiait le rattachement des provinces occitanes au royaume de France.

Raymond VII, comte de Toulouse, fut alors contraint de former au droit catholique la population séduite par le catharisme, qui sera ensuite (1307-1323) réprimé par Bernardo Gui, Grand Inquisiteur de Toulouse.

Bien plus tard, les universités seront supprimées par la Convention en 1793. Une majorité de facultés seront certes vite recréées par Napoléon Ier, mais elles resteront longtemps mal dotées.

Ce n’est qu’en 1896 que la refondation des universités, dont celle de Toulouse, est décidée sous la mandature de Raymond Poincaré. Objectif : octroyer l’autonomie aux instances académiques locales, en contrepartie d’investissements consentis par les municipalités.

Mai 1968 conduit à une subdivision des universités de France. Toulouse voit alors naître les trois entités actuelles, Toulouse I (Sciences sociales) Toulouse II (Le Mirail) et Toulouse III (Paul-Sabatier), auxquelles se rajoutera plus tard l’Institut national polytechnique (INPT).

F. D.

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