La géolocalisation au centre des déplacements urbains de demain

Foursquare, Facebook, Pagesjaunes… les applications web-mobiles géolocalisées font florès. C’est dans ce sillage qu’émergent deux services publics innovants encore au stade de projet.

La première initiative vise à améliorer le déplacement des étudiants et personnels du campus scientifique de Rangueil. Déjà très étendu, celui-ci va encore s’agrandir avec le site de Montaudran Aerospace. Dans ce contexte et dans le cadre de la démarche de “Campus à Energies Durables et Aménagements Responsables”, le PRES Université de Toulouse entend lancer, d’ici à 2015, un dispositif de navettes électriques autonomes.

Marc-Olivier Killijian, chercheur au LAAS-CNRS, est spécialiste de la résilience des systèmes ubiquitaires mobiles (ce qui inclue la geoprivacy), secrétaire scientifique de la section 7 (technologies de l'information) du Comité National pour la Recherche Scientifique.

« En amont, une étude portée par le LAAS, avec le soutien de Tisséo, va mettre en lumière les déplacements effectués dans le campus. Une centaine de participants de l’Université Paul Sabatier va recevoir un téléphone portable de dernière génération, équipé d’une application permettant la collecte de leur position. La Caisse des Dépôts et Consignations financera le parc de smartphones », explique Marc-Olivier Killijian, chercheur au Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes (LAAS).

Le deuxième projet, également initié par le laboratoire, en partenariat avec la régie de transport toulousaine et une PME innovante toulousaine, Mobigis, vise à optimiser les déplacements en ville sans voiture. « Nous allons développer une application web-mobile qui exploitera simultanément et en temps-réel la position géolocalisée de l’utilisateur, celle des bus et des stations de VéloToulouse. En fonction de sa destination, le logiciel calculera alors plusieurs trajets possibles et proposera au piéton de se diriger vers telle ou telle station de bus ou métro, de vélo ou même de privilégier la marche. Nous intègrerons également un service de covoiturage dynamique », précise Marc-Olivier Killijian qui sollicite l’Agence Nationale de la Recherche pour financer ce projet prévu pour se dérouler sur quatre années.

Protéger l’identité des utilisateurs

Des innovations qui semblent prometteuses, mais qui emportent avec elles une problématique évidente de protection de la vie privée, autrement dénommée “Geoprivacy” dans le jargon scientifique. Un thème abordé par une équipe du LAAS et cher à Marc-Olivier Killijian : « Ce qui nous intéresse, c’est de développer une infrastructure logicielle qui permette d’apporter les bénéfices de la géolocalisation tout en protégeant les utilisateurs, y compris lorsque l’application ne transmet pas leur identité. On peut en effet, assez facilement, retrouver l’adresse de leur domicile ou de leur lieu de travail, et au final, leur nom, en analysant les occurrences les plus fréquentes de leurs positions », explique le chercheur. Dès lors, l’une des solutions étudiées consiste à dégrader la base de données géographique résultante, de manière aléatoire et contrôlée, mais sans trop l’altérer. D’autres recherches mettent en jeu l’utilisation d’architectures de type “Peer to peer”.

Frédéric Dessort

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s