Les 5 ans d’Aérospace Valley : un bilan positif mais une question qui dérange

De gauche à droite, les dirigeants d'Aérospace Valley : Agnès Paillard, Directrice, Jean-Michel Estrade, Vice-président, Jean-Marc Thomas, Président. Désolé pour la mauvaise photo !

Aujourd’hui se tenait une conférence de presse organisée à l’occasion de la 6ème assemblée générale du pôle de compétitivité Aérospace Valley. 5 ans après son lancement, l’association regroupe 540 adhérents, dont 265 PME, et tout le gotha des grandes entreprises régionales (Airbus, Astrium, Thales, Freescale, la liste est longue) et celui des structures d’enseignement et de recherche (l’essentiel des universités, écoles d’ingénieurs et laboratoires régionaux). Jean-Marc Thomas (ex-patron d’Airbus France avec, depuis un an, une casquette de conseiller innovation de Fabrice Brégier), président du pôle depuis sa création, a souligné le nombre important de projets de R&D, 368, représentant près de 600 millions d’euros en termes de budget de recherche, dont 261 millions ont été apporté par des fonds publics, auxquels il faut ajouter 44 projets dits structurants, représentant à eux seuls une dépense d’un milliard d’euros. De jolies innovations ont été mises en valeurs : 3 projets de coopération (PME – Labos – Grands groupes) ont été distingués par le pôle. Il s’agit de « Dodièse » (outil de diagnostic électronique pour les systèmes embarqués), « Calin » (carburants alternatifs et systèmes d’injection innovants), et « Records » (technologies pour le suivi géolocalisé de flottes d’avions).

A l’évidence, le pôle Aerospace Valley génère une belle dynamique : de nombreux nouveaux projets de R&D, création récente d’un club d’investisseurs qui aurait déjà permis à une PME de lever des fonds, lancement d’un observatoire stratégique des marchés au service des adhérents, implication forte dans une démarche de développement à l’international (liens avec l’Allemagne, la Chine, le Brésil, les Etats-Unis).

Guéguerres autour de l’Institut de Recherche Technologique

Je ne rentrerai pas dans plus de détail, et je renvoie aux articles de mes confrères de la presse économique régionale qui étaient présents pour la plupart.

C’est en effet la réponse de Jean-Marc Thomas à ma question qui m’a beaucoup surpris, et je ne suis pas le seul. Ou plutôt sa non-réponse. Qu’attend t-il de la création (très probable) de l’Institut de Recherche Technologique (IRT), dédié à l’aéronautique et au spatial ? Difficile d’obtenir une position claire. A l’énoncé de la question, il s’est coulé dans les habits de la prudence, et c’est peu dire. A l’avoir écouté, une personne qui ne connaîtrait pas le sujet pourrait croire que ce projet est noyé parmi tant d’autres, dans le sillage du grand emprunt et des « investissements d’avenir » lancé par l’Etat : laboratoires, initiatives et campus d’excellence, institut hospitalo-universitaire, … Il a toutefois fini par conclure que « les acteurs du pôle soutiennent, apportent leurs compétences et sont solidaires de la réponse à l’appel à projets ».

Pourtant, le projet toulousain d’IRT est porté par un groupe de travail représentatif des entreprises, laboratoires et universités régionales. Ce comité est chapeauté par Jean-Marc Thomas ! Périmètre du projet : 150 000 m2 de bureaux, d’imposantes « centrales » technologiques et laboratoires, pour un budget de l’ordre du milliard d’euros sur 10 ans. Le financement serait apporté par l’Etat, si ce dernier valide la candidature d’ici à la fin de l’année, les collectivités locales et les grandes entreprises.

Une fois la conférence de presse terminée, Jean-Marc Thomas m’a expliqué qu’il attache (bien entendu) une grande importance à ce projet qu’il suit de près… Pourquoi être si gêné aux entournures ? C’est assez simple : Toulouse veut son IRT, et Bordeaux le veut aussi. Et il n’y en aura pas pour tout le monde : l’Etat prévoit une manne de 2 milliards d’euros répartis sur 4 à 6 IRT au maximum. Ce qu’a justement réussi le pôle Aérospace Valley, réunir les deux métropoles garonnaises, n’inspire pas les décideurs… Ils serait pourtant aberrant que la région, ou au moins, le Sud-Ouest, n’ait pas son IRT !

Frédéric Dessort

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