PME innovantes du numérique : le développement à l’international, une nécessité ?

(reprise d’un de mes articles publié par Midenews.com le 25 mars 2013)

Ne dit-on pas que nul n’est prophète en son pays ? Un adage qui fait du sens pour les PME innovantes : le développement international doit-il être une part essentielle de leur modèle économique ? Les opportunités existent à l’évidence dans le monde notamment dans le secteur du numérique, et pas seulement aux Etats-Unis. Quelles sont les potentialités à connaître, les écueils à éviter ? Sans donner de réponse générale, voici quelques pistes et témoignages.

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Sogrid : le projet grenoblois de Toulouse.

Représentation du flot dans un graphe, indiquant pour chaque arête le flot a qui la traverse et sa capacité maximale b, sous la forme a/b. Page wikipedia sur les graphes

Sogrid : ce projet vise à expérimenter un "smart grid" à Toulouse. Comprenez : un réseau d’énergie intelligent, qui va optimiser ses propres flux grâce à des capteurs-actionneurs répartis sur les sommets de son graphe. A distance, il sera du coup possible de détecter les pannes, de les localiser, et de faire jouer à plein la notion de réseau, à l’instar d’Internet, pour les compenser. Et aussi, de mesurer finement les dépenses d’énergie. Bref.

Porté aux nues dans le cadre de Futurapolis il y a quelque jours, ce programme de R&D associe ERDF, STMicroelectronics, d’autres industriels et PME innovantes : pas une société, sauf erreur, basée à Toulouse. Et pour la partie recherche publique : Grenoble INP et l’Ecole Polytechnique. 

Bref, cette expérimentation émane notamment d’acteurs grenoblois, certes à portée nationale, mais les initiateurs viennent envisager son innovation dans la ville Rose (tant mieux !), mais sans ses labos. En tous, aucun d’entre-eux ne sont annoncés. Et pourtant, il y a de quoi faire ici en matière d’expertise des réseaux : on pense au LAAS, à l’IRIT… et je suis loin d’être exhaustif.

J’ajoute dans ce contexte que l’installation du CEA à Toulouse se fait un peu en cavalier seul : par exemple les dirigeants de l’agence atomique n’ont pas voulu entrer dans la gouvernance de l’IRT qui vient d’être officialisé. Ils n’ont pas communiqué non plus avec les dirigeants du PRES-Université de Toulouse jusqu’à l’annonce officielle de la création du CEA Tech. 

Ecrivant ce billet, je dois dire que je ne fais que poser une première observation, n’ayant pas eu le temps d’enquêter pour connaître les raisons du choix toulousain des porteurs de projet et dans quelle mesure les acteurs locaux y seront associés.

Je profite par ailleurs de cet article pour relayer une lettre ouverte à Pierre Cohen, dont l’auteur est docteur en mathématiques et ingénieur à l’université Paul Sabatier, Joseph Saint-Pierre.  La voici : 

Monsieur le maire de Toulouse, président de Toulouse métropole

Bonjour.

Je me permets de vous écrire à propos d’un article du journal La
Tribune que j’ai trouvé passionnant et qui concerne Toulouse :

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20130417trib000759987/toulouse-accueille-une-experimentation-smart-grid-a-grande-echelle.html

J’ai été très étonné de voir figurer seulement deux partenaires de
recherche mentionnés dans cet article : «* Partenaires universitaires
et recherche : Grenoble INP, l’École polytechnique (LIX) » avec aucun partenaire de recherche Toulousain.
Or il me semblait que le milieu de la recherche local est assez
reconnu dans les domaines concernés, l’énergie et l’informatique. Je
me sens très concerné par la consommation d’énergie, en tant que
citoyen mais aussi en tant qu’universitaire toulousain travaillant sur
des ordinateurs consommateurs d’énergie.

L’image de Toulouse métropole de la connaissance me semble altérée par
l’absence des équipes de recherche locales dans des projets aussi
importants pour l’avenir. J’aimerais que l’image de Toulouse ville des
savoirs s’appuie sur de meilleures relations avec les organismes de
recherche installés localement.

Veuillez accepter mes salutations citoyennes.

 

Innovation : les oubliés du transfert de technologies

A l’heure des Investissements d’avenir, on a beaucoup parlé d’actions sur lesquelles misent les Régions et l’Etat pour développer l’innovation, les technologies, et in fine, l’emploi. Dans le désordre : laboratoires d’excellence (notamment ceux qui mènent des travaux de recherche appliquée), plateformes d’innovation technologique (je pense en Midi-Pyrénées, à "Guide" ou "Farenheit"), les clusters ou grappes d’entreprises innovantes (à l’instar de Water Sensors Membranes ou de Digital Place au titre de l’appel à projet éponyme de la Datar), ou encore, bien évidemment, des pôles de compétitivité.

Plus spécifiquement dans l’interface publique-privée, des structures ont été lancées pour valoriser la recherche ou favoriser les partenariats de recherche technologique : les SATT notamment, mais aussi les IRT (celui de Toulouse venant d’être officialisé).

Or dans ce domaine précis du transfert de technologie, de nombreux acteurs existent déjà depuis belle lurette ! En particulier : les CRITT (centres régionaux d’innovation et de transfert de technologie, les IRT venant s’installer en partie sur leurs plate-bandes, mais avec des différenciateurs importants), les CTI (Centres Techniques Industriels, créés en 1948 !) ou encore, les plateformes technologiques de Lycées. Il faut compter aussi avec des acteurs purement privés mais qui font pourtant de la recherche : les sociétés de recherche sous contrat (SRC). Leurs équipes sont souvent composées de docteurs-ingénieurs qui utilisent des connaissances scientifiques universitaires comme le font des laboratoires publics. Autant d’acteurs qui ont un positionnement qui se recouvre parfois, les mettant en concurrence.
En ajoutant les IRT, SATT et autres plateformes, on a donc complexifié un espace déjà touffu. Certes, en leur adjoignant des moyens conséquents. 

Je ne rentre pas dans le détail de leurs activités, je vous invite en ce sens à lire un dossier publié par Interface dans son numéro de début avril. En voici un aperçu publié par Educpros (qui co-produit Interface avec l’Etudiant et l’Entreprise).

En tous cas, contrairement à ce que la communication gouvernementale pourrait laisser penser, les IRT et les SATT, notamment, ne sont pas l’alpha et l’oméga du transfert de technologies, même si elles devraient en devenir des pièces maîtresses. Or, l’un des enjeux que pourrait porter l’Etat serait de simplifier le système existant, qui s’est agrégé au fil du temps sous la forme d’un mille-feuille bien français. La commission Tambourin-Beylat, qui a posé une série de recommandations pour booster l’innovation en France, a certes proposé de créer un opérateur global – via la BPI – qui gérerait et suivrait de près tous les financements et acteurs d’accompagnement du transfert. Mais elle n’a pas creusé ce besoin de simplification d’un dispositif qui effraie chercheurs et entrepreneurs qui voudraient travailler ensemble…

Frédéric Dessort

Projet Idex : une consultation plus qu’une concertation

L’idex a été voté, et pas à moitié : à l’unanimité du CA du PRES. Une grande satisfaction dans les rangs des décideurs du site qui ont sué sang et eau depuis près de trois ans …

Le bureau du PRES pose après la conférence de presse du 12 avril (photo PRES).
De gauche à droite : Didier Marquis, directeur de l’INSA de Toulouse, Jean-Michel Minovez, pdt de Toulouse II- le Mirail, Bruno Sire, pdt de Toulouse I-Capitole, Marie-France Barthet, pdte du PRES-Université de Toulouse, Olivier Fourure, directeur de l’ISAE, Olivier Simonin, pdt de l’INPT, Bertrand Monthubert, pdt de Toulouse III – Paul Sabatier

Je développerai très prochainement dans Educpros les enjeux de ce programme dit d’"excellence" promis à notre ville et région pour la science et l’enseignement supérieur. Et sur l’université fédérale qui va pouvoir émerger, a priori, à compter du début 2014. Pour rappel, le vote du CA du PRES vendredi était le point final à une série de votes dans les CA des établissements fondateurs : Toulouse I, II, III, INPT, INSA, ISAE.

Mais je voudrais revenir dans ce billet sur une de mes petites marottes : les modes de gouvernance, la démocratie dans les établissements du supérieur. Tradition universitaire fondamentale diront certains, frein à la prise de décision affirmeront d’autres, polluée par des syndicats faisant des choix stratégiques avec les présidents dans le dos des conseils d’administration. Ces derniers s’avérant dès lors inutiles, à supprimer (celui qui m’a affirmé cela se reconnaîtra…).

Toujours est-il que ce vote unanime du PRES a été un révélateur d’un aspect du système institutionnel universitaire en place. En effet : le président et la vice-présidente de Toulouse II ont voté positivement le dossier Idex, alors que le CA de la même université avait, trois jours plus tôt, rejeté le même texte ! Dans l’ensemble, Le Mirail est le seul établissement a avoir voté négativement, avant, donc, de changer de fusil d’épaule. (Je ne rentre pas, ici, dans l’explication de ce retournement. J’y reviendrai)

Or, avec cette volte face, on peut se demander à quoi ont servi les votes préalables !

"En effet, formellement, nous n’avons pas besoin du vote des CA des établissements", a confirmé Marie-France Barthet, présidente du PRES à l’occasion de la conférence de presse vendredi 12 avril. "Mais nous avons fait le choix d’un large processus de concertation, ce qui était d’ailleurs, en soi, un pari risqué", argue-t-elle. Et il est vrai qu’en cas de rejet de la démarche en amont, on imagine mal que le CA du PRES ait adopté l’Idex en contradiction avec la communauté universitaire. Il est clair également que la concertation amont a été large et fructueuse au travers de ses groupes de travail.

Ceci étant, on aura appris ce jour que, sur un plan strictement juridique, l’Idex et – consubstantiellement à la convention – le pré-projet d’université de Toulouse ont été décidés par une assemblée de présidents et de directeurs d’établissements, ainsi que d’élus régionaux / municipaux (cf ici la liste des membres du CA du PRES), et ce, avec l’aval du ministère. Si l’on peut parler de co-construction via des groupes de travail représentatifs des établissements, la concertation aura plus été, in fine, une large consultation. Les CA des établissements ne sont en fait pas co-décisionnaires du PRES à proprement parler.

Cette situation devrait toutefois évoluer : la gouvernance de l’université fédérale de Toulouse comportera deux conseils – l’assemblée de la communauté et le conseil d’administration – qui décideront de la politique "inter-établissements". Deux structures qui sont présentées comme démocratiques, dotées d’une représentation large. Un schéma que le ministère a accepté. Reste à connaître le contenu final de la loi ESR qui fixera ce qui est possible ou pas en matière de gouvernance centrale.

F.D. 

ca

Préfiguration du CA de l’UFT (document "delta)

gouvernanceUFT

Préfiguration de la gouvernance de l’UFT (document "delta")

 

Idex, le vote négatif du Mirail. Quelques explications

Cataclysme ou tempête dans un verre d’eau ? Je ne trancherai pas, mais le vote négatif de la convention Idex par Toulouse-II Le Mirail ce jour, par 11 voix contre, 9 voix pour et 1 abstention, a fait l’objet d’une mise au point par son président, Jean-Michel Minovez. "Nous ne voulons en aucun cas bloquer le processus", prévient-il. " Le CA de l’université de Toulouse II a en fait voulu envoyer un signal fort au CA du PRES et au ministère afin de prendre en considération la problématique suivante. En effet, la future université fédérale de Toulouse (UFT) qui sera créée dans le sillage de l’Idex se fera dans le cadre de la nouvelle loi, et celle-ci énonce que les communautés d’universités à créer auront le statut… d’université à part entière. Dès lors, cela ouvre la possibilité à ce que des unités de formation ou de recherche puissent être rattachées directement à l’entité fédérale. Et du coup, s’affranchir de leur tutelle universitaire actuelle", explique Jean-Michel Minovez. Avec, en corollaire, l’affaiblissement de ces dernières.

Or, deux unités de recherche de sciences dures dans le giron de l’université Paul Sabatier, auraient fait valoir un tel positionnement, ce qui est démenti ce soir par Marie-France Barthet, présidente du PRES. Mais maintenu par Jean-Michel Minovez. Je n’ai pas pu, à l’instant, contacter Bertrand Monthubert pour en savoir plus.

Il faut savoir aussi dans ce contexte que l’IUFM, chapeautée par le Mirail, devrait se transformer en EPSE en étant directement rattachée à l’UFT. Mais il s’agit là d’un programme national, qui ne dépend pas que du bon vouloir des entités locales.

Ce vote négatif a été effectué à l’issue d’une séance difficile. Dans un premier temps, la majorité présidentielle a souhaité rédiger une motion accompagnant un vote positif, car tout le reste du projet suscite son approbation, selon M. Minovez. L’opposition (groupes Jaillet et Boisseau) a alors manifesté son souhait de ne pas s’associer à une telle motion, conduisant la majorité à sa prise de position du jour.

Le président quelque peu écartelé par cette situation, affirme ce soir qu’il ne fera pas usage de son véto vendredi au CA du PRES. Même s’il votait négativement ou s’abstenait, le processus ne serait pas bloqué. Reste à connaître in fine le vote de vendredi matin et la teneur du message que pourraient alors adresser les membres du PRES à Toulouse II…

Et pour l’heure, la stupéfaction est totale, décideurs et parties prenantes, comme c’est le cas par exemple des doctorants. En l’occurence, Marine Gout, qui a largement participé à l’élaboration du projet actuel se dit extrêmement déçue de la décision de Toulouse II, pour ne pas dire plus…

De leur côté, certains syndicats s’en réjouissent, même si les raisons du vote négatif ne sont pas celles qu’ils auraient pu souhaiter.

F.D.

Le Mirail met les Investissements d’Avenir à l’Idex

La communication de Toulouse II fait savoir que le CA a invalidé la convention Idex et ses annexes ce matin. Ce qui met quelque peu le bazar pour la suite…

D’autres infos plus tard.

F.D.

Toulouse : dernière ligne droite pour l’Idex ?

Près de trois ans : c’est le temps passé par le site toulousain pour construire son projet d’Initiative d’Excellence avec, de manière consubstantielle, l’édification de la nouvelle université de Toulouse. Le premier projet porté par le PRES avait été recalé en juillet 2011, puis la victoire était obtenue en février 2012… avant que le dossier correspondant (UNITI) soit remis en question suites aux élections universitaires. Je ne refais pas l’histoire dans ce papier…

La dernière mouture de la convention attributive de l’Idex – annexes comprises -, élaborée dans le cadre de plusieurs groupes de travail depuis l’été dernier, vient d’être acceptée par le ministère. Dernière opération : le vote de ces textes dans les CA des universités toulousaines (voir le texte principal et annexes ci-dessous). Un vote qui se déroule jusqu’à jeudi 11 avril avant celui du conseil d’administration du PRES vendredi matin, point d’orgue du processus. Le lendemain pourrait se dérouler l’officialisation de la convention par la présidente Marie-France Barthet et la ministre Geneviève Fioraso, celle-ci se déplaçant à Toulouse dans le cadre de Futurapolis.

En parallèle, sans doute complètement oubliée par la communauté universitaire, une autre procédure est toujours en cours mais d’ordre judiciaire : l’attaque par le SNCS-FSU devant le tribunal administratif de Toulouse, du vote, le 6 avril 2012, de la convention de pré-financement de l’Idex par le CA du PRES-Université de Toulouse (cf mon article du 29 juin sur Educpros). Une affaire finalement regroupée par le tribunal administratif de Paris avec d’autres recours portés par le même syndicat au plan national : conventions Idex de Saclay, Marseille et Paris III. Or, des conclusions seront prononcées dans le cadre de l’audience publique qui aura lieu le 23 avril… soit 10 jours après le vote final de la convention de l’Idex toulousain ! En admettant que la convention de préfinancement soit retoquée, je n’ai aucune idée, pour l’heure, des conséquences sur la convention d’attribution finale.

Par ailleurs, certains syndicats se montrent toujours critiques vis à vis du projet actuel, même si c’est beaucoup plus le projet de loi de l’ESR qui fait l’objet de l’ire syndicale. Cf ce document de Sud présenté le 2 avril dans le cadre de l’AG des personnels de la Faculté des Sciences et de l’Ingénierie de l’université Paul Sabatier. Entre-autres, le périmètre d’excellence, pourtant présenté, dans les récentes évolutions, comme expurgé de sa substance restrictive, existerait toujours. Mais son financement n’impacterait plus le budget de l’UPS de manière aussi considérable comme c’était envisagé dans le projet UNITI.

Frédéric Dessort

Voici les documents de la convention attributive de l’Idex qui sont soumis en ce moment au vote des CA des établissements toulousains :

Convention_attributive_de_l’Idex_avril2013

L’annexe 1 est constituée par le document UNITI et sa révision par le document dit "delta"

130327_ Annexe_2_Toulouse

130329_Annexe_3_Toulouse

20130326 Annexe 5

20130326 Annexe_4 du 26 mars